09 octobre : Valladolid (LEVL) – Toulouse Lasbordes (LFCL)

Voilà, nous y sommes, c’est la dernière ligne droite. Sur le tarmac à la fraîche, Daniel effectue le dernier briefing : la météo est parfaite sur tout le parcours, pas de difficulté particulière côté zones ou radio. Les épreuves du jour consistent en une dernière Galinette à visualiser sur le terrain de St Gaudens et au strict respect des procédures lors de l’arrivée à Lasbordes.

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Après les photos de groupe et les adieux à l’équipage n°8 qui repart pour la Belgique, chaque appareil prend son envol. Notre train sorti ne nous permettra pas d’atteindre les altitudes de sécurité suffisantes pour le franchissement des Pyrénées. Alors nous prenons une route plus à l’ouest que nos camarades  : Burgos, Vitoria, San Sebastian et nous revoilà en France, avec le contrôle de Biarritz. Que c’est bon de réentendre les services d’information de vol Français! Et la visibilité est superbe. Nous avons vraiment une variété de paysages magnifiques, et tout ce vert! Cela nous avait manqué…

Côté espagnol...
Côté Espagnol…

Nous longerons les Pyrénées par le nord, quand nos amis auront eu la chance de passer à la verticale de l’observatoire du Pic du Midi.

.... Côté Français
…. Côté Français

Nous voilà verticale du terrain de St Gaudens pour la fameuse Galinette… Et pour la dernière, Jean-Jacques nous a gâtés! Une piste en herbe d’une largeur de 50m avec pour seule référence, un planeur au sol. Les deux flèches sont disposées près de l’aire à signaux. Un peu de trigonométrie et on s’accorde sur les chiffres à donner.

Le terrain de St Gaudens
Le terrain de St Gaudens

Nous entrons dans les zones de Toulouse et respectons scrupuleusement les points de passage obligatoires et surtout l’altitude permettant de ne pas interférer avec les arrivées de Blagnac. A la radio, nous entendons le « BV » qui nous talonne… Nous nous espaçons à l’approche de Lasbordes ; le petit aérodrome est très fréquenté en ce vendredi après-midi ensoleillé. L’intégration dans le circuit de piste se fait après beaucoup de patience. Patrice se présente en finale piste 34. Voilà, la Diva est de retour à son point de départ. Nous sommes accueillis par Catherine et Pierre qui recueillent les derniers documents relatifs aux épreuves, faisons un peu de carburant et parquons l’appareil sur le parking en herbe au pied de la tour de contrôle. C’est un véritable débarquement qui s’opère…

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Le Président d’Air Aventures ouvre la cérémonie de remise des prix

Quelques heures de repos plus tard, nous rejoignons la Cité de l’Espace pour la remise des prix du Rallye. Après les discours des personnalités officielles, le Président d’Air Aventures annonce le classement. Premier sans surprise, le trio des Ailes du Désert. En deuxième position, on retrouve nos amis de l’Aéroclub Béziers-Cap d’Agde. Pour compléter le podium, ce sont nos Jeunes Ailes qui coiffent au poteau les sympathiques Facteurs Humains. NOUS ARRIVONS EN CINQUIEME PLACE!!! On félicitera aussi les Cousins en 7e place, qui terminent vainqueurs du Challenge carburant et obtiennent la coupe de la meilleure conférence.

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En attendant les résultats avec les Cousins…

Un apéritif et un dîner nous permettent d’échanger une dernière fois nos expériences et notre ressenti. On se congratule les uns les autres, on se taquine aussi. Difficile de penser que demain, chacun repartira chez soi et que cette belle aventure prendra fin.

De cette aventure, nous sortons grandis, avec une expérience aéronautique nouvelle (météos africaines, cartographies différentes de celles employées d’habitude), un retour aux sources du pilotage, et un pélerinage émouvant sur les traces de nos éminents aînés. Ce Rallye nous aura aussi permis de croiser des gens formidables de tous horizons, et aussi d’agrandir notre famille!

Nous tenons à remercier nos sponsors, ainsi que tous nos amis et nos familles qui nous auront apporté leur soutien précieux lors de ce Rallye. Un grand merci aussi à toute l’équipe d’Air Aventures qui aura fait de ces deux semaines intenses une expérience inoubliable grâce à une organisation sans faille.

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08 octobre : Fès (GMFF) – Jerez (LEJR) – Valladolid (LEVL)

Quotidiennement, l’organisation du Rallye s’entretient avec Denis C. (bien connu des anciens pilotes du Tour Aérien), expert météo basé à Toulouse. Ensemble, ils déterminent si l’étape du jour peut se faire ou bien s’il faut élaborer un nouvel itinéraire. Et comme nous le pressentions depuis plusieurs jours, la remontée par la côte est Espagnole est aujourd’hui impossible avec l’arrivée d’un système orageux le long de la façade Méditerranéenne. Il nous faudra passer par le centre de la péninsule Ibérique.

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Lever de soleil sur Fès

Comme l’aura précisé Daniel, le directeur des vols, l’épreuve du jour consiste à tous arriver avant la nuit aéronautique à Valladolid (17h50 UTC + 30min). En effet, 540 NM sont à parcourir avec passage obligatoire à Jerez pour les formalités de douanes. La route initiale est modifiée par le contrôle aérien quelques minutes avant notre décollage pour éviter le passage dans les zones de Tanger, le Roi y étant présent.

Notre route passera par le nord de Fès vers Ouezzane, Tétouan, puis un point au large de Gibraltar et enfin cap à l’ouest pour rejoindre Jerez. Nous partons en deuxième position. Les reliefs à passer aujourd’hui s’élèvent à près de 6000 ft. Merci aux Cousins d’Air Méribel qui nous auront délesté de notre « lot de bord » (pneus et chambres à air de secours, ainsi que les câbles de démarrage). Nous parvenons ainsi à atteindre le FL 75 comme demandé par le Contrôleur.

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Les paysages sont encore très variés, tantôt rocailleux avec de magnifiques lacs tantôt verts avec le retour de la végétation. Et soudain, la Mer Méditerranée nous fait face, avec sur la gauche, le port Espagnol de Ceúta sur le sol Marocain. Nous enfilons les gilets de sauvetage et nous voilà partis pour regagner les côtes Européennes. Le détroit de Gibraltar est parfaitement dégagé :

Le rocher de Gibraltar découvert!
Le rocher de Gibraltar découvert!

Après évitement des zones militaires espagnoles et de quelques nuages, Jean-Paul alors aux commandes met le cap sur Jerez. Une fois posés, outre le ravitaillement carburant, il nous faut déposer les plans de vol pour Valladolid et dédouaner. Jean-Paul et Patrice partent effectuer la partie administrative pendant que Céline s’occupe du carburant. Deux heures plus tard, les deux hommes ne sont toujours pas de retour : ils sont coincés en dehors de l’aérogare avec une dizaine d’autres camarades du Rallye… Heureusement le bienveillant chauffeur de navette récupère toute la troupe et nous pouvons repartir en vitesse pour la prochaine escale.

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Le Mercure grimpe de nouveau aux alentours de 30°C. Le F-GXDG peine à monter en niveau de vol. C’est pourtant nécessaire pour passer les reliefs de la Sierra Morena, des Monts de Tolède et de la Sierra de Guadarrama. Autre difficulté, les zones militaires de Salamanca et de Madrid. Nous passerons par un minuscule couloir de 3 NM de large sur une cinquantaine de long, dégagé de toute contrainte! Enfin arrive Valladolid. A la radio, on entend les précédents avions qui orbitent aux points d’entrée du circuit de piste. On reconnaît la voix de Dominique des facteurs Humains n°6, pourtant toujours très courtois, au bord du Nervous Breakdown (à prononcer avec l’accent des Tontons Flingueurs!), tentant désespérément de connaître son « Number in sequence ». Cela nous rappelle Céline à Dakar, nous compatissons! Tout le monde se pose finalement avant le coucher du soleil, mission accomplie!

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Nous sommes les derniers concurrents à nous poser, suivis de près par le Cessna de l’organisation. Cet atterrissage marque la dernière soirée en « escale » pour tous. En attendant le camion pétrolier, nous décidons d’un dernier moment Licence IV en sortant le Pastis sur le tarmac… Les amis se rassemblent autour de la Diva, et qui dit Pastis, dit eau : la vengeance tant attendue est arrivée… Antoine, avec la complicité de Dominique et Anne, entreprend un arrosage en bonne et due forme de Jean-Paul et Patrice au pied de l’avion…

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Trêve de plaisanterie et pleins terminés, nous regagnons l’hôtel où le reste des participants du Rallye nous attend bien au chaud. Nous partons pour un restaurant de tapas dans le centre ville et trinquons à la dernière soirée tous ensemble. Demain, c’est la dernière journée, la dernière épreuve et le classement général définitif. Nos amis Belges Florence et Jean de l’équipage n°8 repartiront directement depuis Valladolid vers le Nord… Leur humour et leur fraîcheur nous manqueront pour la remise des prix…

07 octobre : Agadir (GMAD) – Fès (GMFF)

Aujourd’hui, c’est au tour de Céline de se lever de bon matin afin d’effectuer les pleins carburant de l’avion. Le F-GXDG est en effet le seul appareil n’ayant pas été avitaillé il y a 2 jours pour permettre la mise sur vérins de l’appareil. 83 litres demandés et 86 litres coulés… Pas trop mal pour cette évaluation de consommation, étant donné le manque cruel d’infos train sorti dans le manuel de vol… Nos camarades auront donc ce soir les résultats de cette épreuve mise en suspend le temps de nos vérifications techniques.

En attendant l’arrivée du reste du groupe, Céline brique l’avion, le démoustique, et essaie d’organiser le chargement afin de gagner en masse : tous les moyens sont bons pour gagner 1 noeud de vitesse ou quelques centaines de pieds d’altitude.

Briefing matinal dans le hangar de l'Aéroclub d'Agadir
Briefing matinal dans le hangar de l’Aéroclub d’Agadir

Tout le monde arrive et c’est la traditionnel briefing de Daniel. C’est une navigation de 380 NM qui nous attend. Les menaces du jour sont multiples : il y a la météo, légèrement brumeuse au départ, peut-être orageuse à l’arrivée, les zones militaires et aéroportuaires à éviter, et le croisement du Raid Latécoère, où une trentaine d’avions fait le cheminement inverse au nôtre. A celà, ajoutons le relief pour notre équipage #Spirit of LR, car la route du jour nous fait passer par des zones où les altitudes de sécurité sont plus élevées que l’altitude jamais atteinte depuis notre problème de train… (Pour les pilotes, MEF, les Zsécu sur les cartes Marocaines sont en ft, mais les points cotés en … m!)

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On réussit à alléger l’avion avec la complicité de Daniel et Pascal de l’équipage n°3 – Aéroclub du Perreux et de Rodney et Filipe de l’équipage n°2 – Les Anglais (devenu franco-portugo-anglais 😉 ) qui nous déchargent chacun d’une valise. Il fait plus froid que les jours précédents, nous verrons bien ce que notre Diva a dans le ventre.

Du fait de notre vitesse lente, nous sommes le premier appareil à s’élancer après celui de l’organisation. Décollage piste 28, vent calme. Nous évitons les zones peuplées à proximité de la ville et arrivons rapidement au dessus des premiers reliefs. Première victoire, nous atteignons 3500 ft!

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On slalome entre les cols, tout en entendant à la fréquence nos camarades qui montent tous chercher les vents favorables en altitude : FL 55-65-75… Nous nous contenterons d’un vent nul. A la radio, on entend aussi les nombreux trafics du Raid, qui finalement passeront plus à l’ouest de notre position. Le temps passe, on consomme du carburant, on devient plus léger. Nous tentons de rejoindre un niveau de vol et profiter à notre tour du vent arrière. Péniblement, nous voici au FL 55, mais la couche de nuages descend sur nous et nous n’aurons pas les performances nécessaires pour passer au dessus. Nous devons donc redescendre à 3700 ft (heureusement plus de relief) pour rester hors de la couche et subissons des vents de face et des turbulences liées à la nébulosité.

Le barrage d'Im Fout
Le barrage d’Im Fout

Les contacts radio se succèdent : Essaouira, Casa, Meknès et enfin Fès. La météo est dégagée pour le moment, nous sommes n°4 à l’atterrissage. Nous mettrons 3h45 là où les avion les plus rapides mettront seulement 2h30.

Aéroport de Fès Sais depuis  la branche Vent Arrière main gauche
Aéroport de Fès Saiss – Vent Arrière main gauche piste 27

Une fois au sol, une épreuve de consommation est au programme. Et nous attendrons le pétrolier longtemps, longtemps… Il remplit une petite citerne d’environ 250 litres et fait donc en moyenne 1,5 à 2,5 avions par voyage, le tout bien sûr, avec une pompe manuelle… De temps en temps, afin de décharger les bras des pompistes, on leur donne un coup de main 🙂

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Et les Shadoks pompaient…

C’est à 18:45 que nous arriverons à l’hôtel, premiers levés, derniers arrivés! Les forces nous manquent pour aller visiter l’ancienne ville des Rois. Les Cousins, ou encore My Lord Rodney nous rapporteront de superbes photos de la Médina, de riads magnifiques et du centre-ville où c’est jour de fête. Maigre consolation… Il faudra revenir une prochaine fois pour le tourisme!

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Ce soir, c’est au tour de l’Equipage n°16, Aéroclub Béziers-Cap d’Agde, de faire l’apéro… Autour de la piscine! Bizarrement, les 2 trublions de #Spirit of LR restent loin du groupe, craindraient-ils les représailles de l’organisation suite à l’offensive sur Antoine la veille?

Le groupe se rassemble pour dîner. Les résultats des 2 évaluations de consommation carburant sont annoncés, nous sommes toujours 6e sur 16, talonnés par les Cousins!

Un concours d’avions en papier s’improvise… Le plus aérodynamique, celui qui va le plus loin, celui qui plane le plus longtemps… Toutes les tables s’y mettent! Dans la salle du restaurant, les petits papiers blancs virevoltent de tous côtés.

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Atelier pliage pour Patrice et Robert
Audrey et sa création...
Audrey et sa création…

Cette dernière nuit sur le continent Africain sera marquée par les klaxons retentissants des festifs Marocains! Demain, encore une longue journée, avec changement d’itinéraire au programme…

06 octobre : repos à Agadir

La journée de repos tant attendue est arrivée! Tout le monde en profite pour faire la grasse matinée… Tout le monde?? Non, car Patrice et Franck, le mécanicien du Rallye, se sont levés à l’aube pour examiner le train de la Diva avec la collaboration de l’atelier de maintenance local.

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Le F-GXDG mis sur vérins afin d’effectuer des manipulations de train d’atterrissage

Ils nous retrouvent à midi à l’hôtel autour d’un rafraîchissement, et la nouvelle nous refroidit presque autant que les boissons : le moteur de rentrée du train d’atterrissage est grillé… Nous devrons donc continuer notre voyage train sorti :-(.

Robert (Equipage n°15 Air Méribel) a voyagé aux quatre coins du monde et possède un carnet d’adresses secrètes toutes plus insolites les unes que les autres. Afin de nous changer les idées, et surtout les papilles, il nous embarque pour déjeuner au port de pêche d’Agadir, dans un tout petit restaurant en plein air, au loin des touristes. Fraîcheur des produits garantie!

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Une belle tablée pour un excellent déjeuner. Au premier plan, les lève-tôt du jour.

On s’attable tous autour de deux immenses plats de poissons grillés et fritures diverses : calamar, gambas, éperlan, sole, daurade… Un délice!

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Incontournable, le thé à la menthe nous permet de terminer le repas sur une note sucrée. Aéré et passé plusieurs fois dans la théière, nous profitons ainsi de toutes les saveurs de cette boisson typique.

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La « cérémonie » du thé

Inévitable aussi, le passage au lavage des mains à la manière locale : un stand de laveur de mains est situé juste en face. Pour 1 dirham, on choisit son savon et une personne vous rince les mimines et vous les sèche.

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Le stand du laveur de mains

Nous reprenons les taxis et chacun part digérer de son côté, et profiter à sa guise de la plage ou de la piscine de l’hôtel. Les eaux de la Méditerranée sont encore délicieuses à cette saison. On se laisse porter par les rouleaux des vagues, c’est une version naturelle du spa marocain!

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La plage « by night » : sur la colline, éclairés en écriture arabe, Dieu, la Patrie, le Roi.

Le soir, tout le monde se retrouve autour d’un apéritif organisé par les Equipages B2F compétition n°4 et Aérocentre n°5. Après dîner, nous gagnons la terrasse pour un digestif, au bord de la piscine. Les provocations vont bon train et c’est le médecin Antoine, digne jusqu’au bout, qui va subir l’assaut des #Spirit of LR en finissant à l’eau tout habillé… Vengeance est promise! Tout le monde rentre vite afin de ne pas attraper froid, et demain, reprise des vols!

05 octobre : Tan Tan (GMAT) – Agadir (GMAD)

Réveil matinal à Tifnidilt, le paysage est magique au lever du soleil. De nouveau, une cinquantaine de minutes de piste est nécessaire pour joindre l’aéroport. Mais cette fois ci, nous traverserons un oued, et croiserons plusieurs troupeaux de dromadaires.

Le jour se lève sur le gîte
Le jour se lève sur le gîte
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Passage de l’oued
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Un troupeau de dromadaires… Future garniture pour tajine???

Le traditionnel briefing de Daniel nous précise les épreuves du jour : une épreuve surprise consistant à vérifier la bonne tenue des carnets de route (livret de bord de l’avion, en théorie rempli après chaque vol), la galinette de la veille, reportée à ce matin pour tous après l’envol, et une évaluation de la consommation de carburant effectuée à l’arrivée. Nous redoutons cette dernière épreuve, car la consommation train sorti du F-GXDG n’apparait nulle part dans le manuel de vol de l’avion…

Notre tour pour décoller arrive. Le contrôleur de Tan Tan n’est pas conciliant et n’autorise aucun passage verticale piste afin d’effectuer la reconnaissance des flèches, nous aurons donc à évaluer les angles avec un parallaxe. Une fois ceci effectué, il nous reste 140 NM pour donner nos chiffres définitifs. Nous suivons un trajet côtier par une météo idyllique, d’autant plus qu’à l’arrivée, une journée de repos nous attend.

Trouverez vous la galinette???
Trouverez vous la galinette???

Après l’atterrissage, nous nous dirigeons vers le parking de l’aéroclub et parquons notre avion à proximité de l’atelier de maintenance. En effet, le train d’atterrissage de la Diva sera examiné afin d’effectuer une recherche de panne (« trouble shooting« ) dans le but de reprendre le Rallye dans des conditions normales. A cette fin, nous reportons l’évaluation de consommation carburant au surlendemain, l’avion pour être mis sur vérin doit être le plus léger possible. Nos camarades du Rallye devront donc être patients pour les résultats de cette épreuve.

Chaque liaison en taxi local est l’occasion de faire plus ample connaissance avec les autres équipages, en effet nous optimisons le remplissage des véhicules. Nous nous dirigeons vers l’hôtel situé sur la côte avec accès direct à la plage et une grande piscine, pour une fois praticable (la plupart de celles que nous avions étaient vides!). Parfait pour ces 24 heures de pause.

Après quelques heures de repos, nous nous retrouvons à la salle de conférence pour assister à la présentation sur Maryse Bastié effectuée brillamment par Odile de l’équipage Robin des Airs. Nos Jeunes Ailes poursuivrons avec une présentation sur les malentendus entre contrôleurs et pilotes. L’occasion de débriefer encore une fois sur nos expériences respectives.

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Après un impressionnant buffet, les résultats du jour sont annoncés, et nous passons 6e sur 16. La galinette aura encore frappé… Chacun regagne ses pénates pour un repos attendu et nécessaire pour tous après 10 jours non stop de voyage intense.

04 octobre : Dakhla (GMMH) – Laayoune (GMML) – Tan Tan (GMAT)

Réveil difficile pour Céline, est-ce la chaleur de la veille ou la nourriture sénégalaise… Le traitement ad hoc est donné par le médecin officiel du Rallye afin de permettre le vol « en toute sérénité ». Patrice et Jean-Paul sont d’attaque quant à eux.

A l’arrivée sur le terrain, mauvaise surprise, les essenciers nous ont oubliés, ce qui signifie que nous ne décollerons pas avant au moins 2h… Pour nous occuper, l’organisation nous a concocté un QCM sur l’histoire de l’Aéropostale. Nous envoyons Jean-Paul une fois de plus. Malgré quelques doutes il est confiant. Les autres épreuves du jour consisteront à identifier une galinette à l’arrivée à Tan Tan Plage Blanche, suivie d’un atterrissage de précision sur ce même terrain.

Côté navigation, la météo est enfin avec nous, CAVOK (grand beau temps, aussi bien en terme de visibilité que pour la base des nuages) sur toute la route, qui nous mènera dans un premier temps de la pointe de Dakhla à Laayoune pour une escale technique (ravitaillement en carburant et pause déjeuner). Et ensuite nous rejoindrons le terrain de Tan Tan pour la nuit.

Notre tour arrive pour décoller, il reste tout au plus 5 avions de la caravane derrière nous. Une fois en l’air, la séquence décollage ne se déroule par comme prévu. Malgré plusieurs tentatives, le train de notre Diva ne rentre pas… Les performances de montées sont considérablement dégradées. Après un FORDEC (bilan de la situation exhaustif pour prendre une décision), nous faisons demi-tour et revenons nous poser à Dakhla, où Franck, le mécanicien du Rallye (décollant toujours dans l’avion balai) pourra peut-être arranger la situation. Il nettoie les relais sols/vols, vérifie la bâche hydraulique, effectue un test électrique. Nous revoilà alignés pour une nouvelle tentative : sans succès 😦 . Bilan des courses  pour les prochains vols:

nous sommes condamnés à voler bas (altitude maximale atteinte ce jour : 1000ft) ce qui ne nous arrange pas car nous ne pouvons pas profiter des vents favorables en altitude, et nous souffrons d’autant plus de la chaleur…

on se traîne à 95kt au lieu des 115-120kt habituels

on consomme plus que nos 36l/h, puisque nous volons les pattes sorties, entraînant plus de traînée.

La Diva toutes pattes dehors
La Diva toutes pattes dehors

Nous gardons espoir car l’atelier de maintenance d’Agadir pourra mettre le F-GXDG sur vérins et tester le moteur de rentrée du train.

Lors de cette très lente croisière, nous sommes presque seuls dans les airs et sur les ondes. Afin d’occuper le temps, les trois derniers avions de la caravane se lancent dans un quizz musical sur la fréquence dédiée aux avions du Rallye.

Le lagon de Dakhla peu après le décollage
Le lagon de Dakhla peu après le décollage
La côte si particulière du Sud Marocain
La côte si particulière du Sud Marocain
Escortés par le N166G des Jeunes Ailes
Escortés par le N166G des Jeunes Ailes

Les pistes de Laayoune arrivent enfin, heureusement car les effets des médicaments commencent à disparaître et la chaleur en vol (près de 42°C) n’arrange rien à la condition physique de Céline qui aura fait le vol en place arrière.

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Courte escale le temps de faire le plein, de redéposer le plan de vol, reprendre une dose de médicaments et acheter quelques boissons fraîches et c’est reparti pour 130 NM de vol vers Tan Tan. Toujours bloqués à 1000-1300ft nous prenons régulièrement de fortes turbulences dans le désert avec les courants d’air chauds.

Décollage de Laayoune, situé sur la rive de l'oued Hassi
Décollage de Laayoune, situé sur la rive de l’oued Hassi
Autre facette du paysage désertique du Maroc
Autre facette du paysage désertique du Maroc

Tan Tan en vue, en veillant la fréquence, nous comprenons que l’épreuve de Galinette est annulée car le contrôleur aérien ne laisse pas passer les avions à la verticale du terrain. Nous nous présentons donc en longue finale piste 03 pour l’atterrissage de précision. C’est Patrice, qui après avoir volé en pilotage manuel toute la journée (le pilote automatique de l’avion ne parvenait pas à tenir l’altitude…), se lance dans cette importante mission. Malheureusement, une bulle d’air chaud et une rafale de vent nous font poser les roues du train principal trop loin de la cible…

Le soir, après 40 minutes de route sportive/piste, nous arrivons sur le somptueux site de Tifnidilt, un domaine reculé de toute civilisation. Après un apéritif sur la terrasse dominant le désert, nous nous rendons dans une salle où un dîner marocain nous sera servi, avec animation assurée par les Toulousains qui nous chantent un hymne en occitan. Aux résultats du soir, nous perdons 1 place et sommes donc 5e sur 16. Espérons que Céline reprenne toutes ses capacités et que Jean-Paul et Patrice soient épargnés!

Après le tajine de dromadaire, petit cours d'occitan avec le chant
Après le tajine de dromadaire, petit cours d’occitan avec le chant « Se canto »
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Le gîte de Tifnidilt vu du ciel

03 octobre : Dakar (GOOY) – Dakhla (GMMH)

Voici venue la plus longue journée du Rallye… 595 NM séparent Dakar de Dakhla, avec ravitaillement carburant obligatoire à Nouakchott et facultatif à Nouadhibou (pour les avions à plus faible autonomie). Encore une fois, la météo fait des siennes. Nous partons donc ce matin en VFR spécial (conditions météo inférieures aux conditions classiques avec accord du contrôle aérien) à 500 ft puis remontons à 1500 ft. Plus nous allons vers le Nord et plus le plafond (base des nuages) s’améliore. En revanche, la visibilité est toujours moyenne.

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Nous remontons le long de la côte Sénégalaise et en verticale pouvons apercevoir les rives verdoyantes du fleuve Sénégal.P1050106

Puis c’est le retour des paysages désertiques.

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Du coup Jean-Paul s'endort ;-)
Du coup Jean-Paul s’endort 😉

Nous arrivons sur Nouakchott où le cheminement permet d’éviter la ville et le palais royal. A la grande différence des cartes aéronautiques françaises, les cartes africaines (aussi bien Maroc Mauritanie que Sénégal) ne signalent aucunement la présence d’éoliennes. A notre grande surprise, tout proche d’un point de report du terrain, trône un champ d’éoliennes immenses. Nous signalons cette menace sur la fréquence réservée aux avions du Rallye, certains avions étant restés en basse altitude… L’approche se passe bien, et nous voilà au sol où la chaleur nous assomme littéralement : 47°C! On fait les pleins et vite, un peu d’ombre pour déposer les plans de vol, se rafraîchir, faire un point météo et c’est reparti pour encore 2h30 de vol jusqu’à Dakhla.

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Cette fois-ci à notre passage travers Noudhibou, nous pouvons apercevoir la fameuse réserve du Banc d’Arguin. Et c’est un temps magnifique que nous trouvons sur les côtes Marocaines! Heureusement, car l’épreuve du jour, une photo satellite à identifier, s’avère peu évidente. Rien ne ressemble plus à une dune qu’une autre dune! Après avoir potentiellement identifié la fameuse côte, nous nous présentons en longue finale pour la piste 03 à Dakhla.

Et c’est la que les ennuis commencent… Céline aux commandes, commence à configurer l’avion pour l’atterrissage, et le train met du temps à sortir… Trop de temps. Les fronts commencent à perler, et pas uniquement à cause de la chaleur. On commence à envisager un passage basse hauteur pour confirmer la position réelle du train, la sortie en secours, et Patrice force un peu sur une manette qui selon sa position, inhibe la manoeuvre du train. Et finalement, le train sort. Grosse frayeur… Atterrissage et roulage normaux, rien à signaler au parking.

Le soir, tout le monde se retrouve sur la terrasse de l’hôtel surplombant Villa Cisnéros. Encore un moment de grande convivialité. Bingo pour la photo mais pas de changement au classement pour nous aujourd’hui.

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02 octobre : Saint-Louis (GOSS) – Dakar (GOOY)

La matinée libre sera pour certains l’occasion de se reposer après la descente éprouvante depuis Dakhla. D’autres en profiterons pour faire un peu de tourisme. A commencer par la salle du petit déjeuner de l’Hôtel de la Poste, rendant hommage aux héros de l’Aéropostale.

Le plafond de la salle du petit déjeuner, extrait des écrits de Jean Mermoz
Le plafond de la salle du petit déjeuner, extrait des écrits de Jean Mermoz
Au fond du couloir, la chambre 219 où séjournait régulièrement Mermoz, avec vue sur le fleuve et sur... la Poste!
Au fond du couloir, la chambre 219 où séjournait régulièrement Mermoz, avec vue sur le fleuve et sur… la Poste!

Céline part ensuite découvrir la petite ville de Saint-Louis en compagnie de l’équipage « Robin des Airs » (Odile, Jean et Yvon). Ici, on fait un voyage dans le temps, peu de routes bitumées, ramassage des ordures ménagères en charrette tirée par un âne, tous petits magasins d’approvisionnement, les gens sont assis par terre dans la rue, les chèvres errent partout… Au dessus du petit village de pêcheurs, on entend les bruits des moteurs des avions de l’organisation du Rallye. Comme chaque année, près de cinquante enfants se sont vus offrir un baptême de l’air.  Au retour à l’hôtel, Daniel nous confirme que la météo est toujours moyenne mais permet de rejoindre Dakar.

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Le F-TS effectuant des baptêmes de l’air pour les enfants au dessus du port de Saint-Louis

A l’arrivée à l’aérodrome, petite photo autour de la stèle en la mémoire de Pierre-Georges Latécoère, fondateur de la Compagnie Générale Aéropostale.

#Spirit of LR et Monsieur P.-G. Latécoère
#Spirit of LR et Monsieur P.-G. Latécoère

Nous en profitons aussi pour vérifier l’état des filtres de l’avion, après la traversée des vents de sable de la veille.P1050078

Cette année marque les 90 ans de la ligne Casablanca-Dakar, effectuée pour la première fois en 1925 par le pilote Emile Lécrivain. Afin de célébrer cet anniversaire, la caravane effectue une extension du parcours « Toulouse – Saint Louis » jusqu’à la capitale sénégalaise. Et cette journée, sensée être la plus cool du Rallye, avec seulement 100 NM de vol, va s’avérer bien plus compliquée qu’il n’y paraît pour notre équipage!

Céline effectue l’étape. La navigation consiste à suivre la côte entre 300 et 700ft, nous faisant survoler plusieurs réserves naturelles, puis à rejoindre les points d’entrée de l’espace aérien de Dakar. Nous nous poserons sur le terrain international de la capitale. Et visiblement, le contrôleur Sénégalais était plus que débordé par l’arrivée soudaine de 19 petits zincs en plus des 3-4 liners du samedi après-midi… Nous obtiendrons le record de tours d’attente (on n’arrivait même plus à compter!), l’aiguilleur du ciel ne respectant pas l’ordre d’arrivée des appareils… Céline laissera finalement les commandes à Patrice pour poser l’appareil, épuisée par tous ces 360° et les méthodes du contrôleur.

Saint-Louis et son humidité ambiante vu du ciel
Saint-Louis et son humidité ambiante vu du ciel
Quelle chaleur dans les basses couches!
Quelle chaleur dans les basses couches!
Sur le tarmac de Dakar, My Lord Rodney and Miss Suzie nous accueillent avec un petit remontant!
Sur le tarmac de Dakar, My Lord Rodney and Miss Suzie nous accueillent avec un petit remontant!

Après un tour folklorique en taxi, nous rejoignons un magnifique hôtel pour célébrer la moitié du parcours. Déjà une semaine que nous sommes sur les traces des Pionniers de l’Aéropostale! Certains équipages vont changer d’équipiers. Ainsi, la charmante Suzie de l’équipage n°2 « Les Anglais » et le Rochelais d’origine Benoît de l’équipage n°5 « Aérocentre » nous quittent après un apéritif autour d’une sublime piscine et un repas agrémenté de langouste! De quoi reprendre des forces pour la remontée…

01 octobre : Dakhla (GMMH) – Saint-Louis (GOSS)

Au réveil, la pluie claque sur le bitume, quelques nuages d’orage sont dans les parages… La journée déjà longue promet d’être intense. Près de 5 heures de vol sont au programme. Après les formalités à l’aéroport, l’épreuve du jour est un QCM sur la mécanique du vol. Nous envoyons Patrice, qui revient confiant. On enchaîne avec le traditionnel briefing de Daniel : la navigation suit la côte et les cheminements VFR des gros terrains de Nouadhibou et Nouakchott avec passage des frontières de Mauritanie et du Sénégal à des points bien précis.

Le directeur des vols insiste sur les points clés du jour : la météo, avec des visibilités moyennes et la gestion du carburant. En effet, sur notre route, très peu de terrains de déroutement avec de l’essence 100LL. Afin d’assurer le coup, tous les avions partent avec les pleins complets et prévoient de s’arrêter à Nouakchott. Certains prévoient en plus de faire un stop carburant sur le terrain de Nouadhibou en amont.

Les Cousins d'AIr Méribel, n°15 qui partent sous la pluie de Dakhla
Les Cousins d’Air Méribel, n°15 qui partent sous la pluie de Dakhla

Malgré les averses, chaque appareil s’élance avec 5 minutes d’espacement. Très rapidement, les conditions météo se dégradent et à notre arrivée verticale Nouadhibou (GQPP), bon nombre d’avions décident de dérouter sur ce terrain. Nous prenons la même option, il est plus sérieux d’attendre une amélioration au sol qu’en l’air. C’est officiel, la visibilité a chuté à Nouakchott (GQNN) et le terrain n’accepte plus les avion en vol à vue. Tout le monde en profite en pour faire la pause déjeuner.

Départ de Nouadhibou pour Saint-Louis ou Nouakchott en fonction de l'autonomie des avions
Départ de Nouadhibou pour Saint-Louis ou Nouakchott en fonction de l’autonomie des avions

La météo s’améliore très légèrement et la caravane reprend. Mais les vents de sable s’en mêlent. Deux options : la basse altitude (500 ft) où l’on garde un peu plus la vue du sol, mais où il fait très chaud et et les turbulences sont fortes, et les altitudes supérieurs (3500 ft ou plus) où les vents ne sont pas trop défavorables mais où la température est bien plus confortable aussi bien pour les passagers que pour le moteur de l’avion. Nous prenons cette option. Certes la vue n’est pas très passionnante (une brume jaunâtre avec la vue de la côte en verticale) mais cela présente aussi un autre avantage : nous sommes les seuls à cette altitude! Et lorsqu’on a entendu le bazar à la radio aux alentours de Nouakchott, nous étions bien contents d’être au dessus de la mêlée entre les avions refuelant là-bas et ceux ayant finalement (comme nous) l’autonomie suffisante pour poursuivre à Saint-Louis. 

Passé Nouakchott, la visibilité s’améliore au fur et à mesure que nous descendons au Sud. Et les paysages passent de désertiques rocailleux à verdoyant avec une végétation généreuse lorsque nous passons le fleuve Sénégal.

Lors de l’arrivée à Saint Louis, une Galinette nous attend. Nous demandons au contrôleur de la plateforme un passage verticale afin d’identifier l’épreuve et rejoignons ensuite la vent arrière… Coup de stress, aucun de nous trois n’a vu le système de flèches! Tant pis, nous atterrissons et décidons d’y aller au bluff.

Au parking de Saint-Louis, les Sénégalais nous attendent avec hâte pour collecter les colis de médicaments. Puis Rémi de l’équipage n°16 Aéro-club Béziers-Cap d’Agde nous demande si nous avons vu la Galinette… Après hésitation, nous avouons que non. Notre collègue nous annonce à notre plus grand soulagement qu’Antoine G., le pro de la Galinette, ne s’est pas encore posé… Nous sommes donc près de 6 avions sur le tarmac … et personne de l’organisation! Antoine arrive enfin et nous explique les raisons de son retard : un manque d’approvisionnement en 100LL à Nouakchott entraînant plus de 2h d’attente.

Nous quittons le petit aérodrome de Saint-Louis pour le centre ville et là encore un lieu mythique : l’hôtel de la Poste.IMG_1185

Tout le monde s’enquiert de savoir qui aura la fameuse chambre 219 où dormait Jean Mermoz, restée en l’état depuis les années 30. Ce ne sera pas pour nous, mais nous aurons tout de même la chance de la visiter.

la très convoitée chambre 219
la très convoitée chambre 219

Le soir, une partie du groupe se relaxe et partage son ressenti sur cette longue journée aéronautique pendant que l’autre partie est allée écouter Dominique et Philippe (Equipage n°6 des Facteurs Humains) donner une conférence à l’hôpital de Saint-Louis. C’est aussi grâce à leur action que 12 tonnes de matériel médical y ont été livrées par container cet hiver.

Facteurs Humain n°6
L’équipage au grand coeur n°6 : Facteurs Humain

Tout le monde se réunit pour un diner au bord du fleuve avec vue sur le fameux pont Faidherbe. Aux résultats ce soir, nous faisons un sans faute au QCM, mais pas de changement au classement général : 4e sur 16.

Demain matinée libre et nous repartirons pour Dakar avec un jour d’avance, un notam à Nouadhibou nous empêchant d’aller ravitailler là-bas dans la tranche horaire autorisée et qui nous permet de nous poser avant le coucher du soleil à Dakhla.

30 septembre 2015 : Tarfaya Cap Juby (Gxxx) – Dakhla (GMMH)

La nuit, aussi courte soit-elle, fut réparatrice! Un lit confortable, le calme du désert, certains ont ronronné tels des diesels toute la nuit ;-). Le jour se lève sur Cap Juby et son fort. Les paysages sont magiques, dans la brume matinale, les avions sur la piste en terre et cet atmosphère mythique et même mystique qui nous saisit au réveil.

Préparation du départ : avec 700m de terrain sommaire, commençant par une haie d’honneur de petits avions… Les premiers en lice doivent exercer leur rigueur de tenue d’axe, quelques mètres seulement séparent les extrémités d’aile des cônes d’hélice. Au coup de sifflet de Daniel, tout le monde se met en sécurité, hors des avions.

Notre tour arrive et Patrice exécute la technique de décollage sur terrain sommaire : mise en poussée et au moment de la rotation, on sort les volets, déjauge l’avion, on le laisse accélérer et c’est parti! Après l’envol, il effectue un large virage à gauche englobant la petite ville, le port et un vieux chalutier échoué. Nous voilà de nouveau au dessus des terres… Certains équipages (notamment celui qui nous précède, le F-CG) ont la chance d’apercevoir des chameaux, nous nous contenterons des dunes formées par le vent!

Nous reprenons un peu d’altitude et intégrons le circuit de piste de l’aérodrome de Laayoune (GMML) pour faire les pleins avant de descendre sur Dakhla. Le point clé de ce terrain équipé de 2 pistes est que l’une des deux, la plus à l’ouest, est à usage militaire. Les 2 pistes sont séparées de quelques centaines de mètres et bien sûr leur orientation est différente, si bien qu’en dernier virage, le doute est permis. Nous nous posons sur la piste 04 sans difficulté particulière. C’est l’occasion de faire un point météo. Des orages sont prévus, mais un peu plus tard dans la soirée.

Décollage pour Dakhla, Jean-Paul prend les commandes pour la première fois sur le Rallye. Les paysages sont tantôt verts au passage des oueds, tantôt sable au passage des dunes. Une photo est à identifier au nord de la péninsule. Et c’est cette fois Céline qui identifie sans souci particulier le lieu représenté. Il s’agit d’un lieu très prisé de nos amis kitesurfers… Et aujourd’hui, au vu du plan d’eau, les conditions sont optimales 😀 !

A l’arrivée au parking, aujourd’hui, c’est nous qui héritons de la Licence IV, un moment très convivial autour de la Diva F-GXDG ! Et du coup, le temps de ranger notre bar ambulant, nous sommes les derniers à quitter le terrain. Mais nous n’avons pas encore pris le temps de déposer notre plan de vol pour demain! Alors direction la Tour de Contrôle, et là, Jean-Paul se voit offrir 5 chameaux pour Céline !!!! Pour sa défense, il dit que sa femme ne serait pas vraiment ravie s’il rentrait sans sa fille… L’équipage #Spirit of LR reste donc entier pour le reste de l’aventure!

Nous rejoignons le toit-terrasse de l’hôtel et c’est avec une vue plongeante sur l’ancienne Villa Cisneros que nous célébrons ensemble le l’anniversaire de l’un des membres de l’équipage n°6, Facteurs Humains. Dominique et Philippe nous font alors part de leur retour d’expérience lors de l’arrivée à Laayoune. Nos deux réguliers du Rallye se sont posés sur la fameuse piste militaire! Une histoire qui se termine heureusement bien et nous en rigolons tous ensemble. Demain, une longue journée nous attend, avec la traversée de la Mauritanie et l’arrivée au Sénégal!

Le débit internet ne permettant pas le chargement des photos, cet article sera illustré dès qu’une connexion ad hoc le permettra. 🙂